Une journée vue par Théolou

Bonjour, je m’appelle Théolou, j’ai maintenant 8 mois et je parcoure déjà le monde à un rythme effréné. Ca vous fait sans doute rêver, moi je ne l’ai pas choisi.

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C’est moi!

 

Les yeux à peine ouverts, Bastien me prend pour une mule à m’accrocher tous les matins 80kg de sacoches et Alexine me laisse dormir dehors par tous les temps sans même un « Bonne nuit »!! Leurs récits et photos vous font rêver, moi je vous raconte tout, je vous dévoile l’envers du décor…

Ils me réveillent à 6h du mat’, dans la nuit et le froid, mais pas de ptit déj’ pour moi, j’ai juste le droit à une goutte d’huile sur les genoux et de temps en temps un coup de serviette sur la goule. Quoique, je n’ai pas à me plaindre, je prend sûrement plus de douches qu’eux! Aussitôt avalés leurs cafés, ils me sautent sur le dos.

Ils discutent de tout et n’importe quoi, beaucoup de leurs familles, qu’ils trouvent encore plus géniales que le voyage, j’en aurais presque la larme à l’œil… Ils ne se préoccupent pas de moi, mais j’arrive quand même à entendre quelques compliments: « Il va quand même bien dans le sable, il est quand même solide »… En plus, ils doutaient de moi! Pour me faire vite oublier ces compliments, Bastien me fait grincer les dents à chaque passage de vitesse douloureux.

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Photo de Famille

 

Enfin la pause de midi, voilà déjà 3km qu’ils me traînent dans le sable, moi je me serais bien arrêté plus tôt. Ils m’appuient contre un arbre pour que je souffle un peu. Ils font parfois la sieste pour oublier la fatigue, moi je joue tout seul dans la poussière en plein soleil.

L’après-midi est souvent propice aux rencontres, de temps en temps, je retrouve un compagnon, ça fait du bien de pédaler à plusieurs. Et quand ce sont les locaux, c’est le défilé de questions, on me dévisage, m’épie, me prend en photo, je suis toujours la star!

Encore quelques kilomètres et j’emmène Alexine et Bastien se reposer dans un coin paisible. On passe devant un hôtel, mais ça c’est hors budget, de toute façon, nous on préfère la nature. Je prend toujours la meilleure place pour le bivouac, à la belle étoile bien sûr, pour une nuit de repos bien méritée, demain on se lève encore aux aurores…

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Je vois quand même de beaux paysages…

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L’Argentine à vélo: Un mois de repos… forcé!

SAN PEDRO DE ATACAMA (CHILE)-SALTA (ARGENTINA): 14/10/15 au 29/10/15

A bientôt le Chili

Le départ de San Pedro est dur, tout comme nos jambes pas encore remises de ce dernier mois intense. Nous improvisons un bivouac à 15h dans un champs… d’épines! Verdict: en 100m, 9 trous sur la roue avant et 2 sur l’arrière, la remorque est épargnée! Pour fêter nos 7500km, j’en profite pour changer le premier pneu du voyage… Nous ne repartirons que le lendemain matin pour nous élever à nouveau jusqu’à 4 700m.

Satané PASO SICO

Frontière entre Chili et Argentine, le PASO SICO, encore un nom que j’ai lu plus d’une fois à travers ce foutu porte-carte.

Lundi 19 Octobre, ah, ce lundi pluvieux, neigeux, un vent à ne pas en croire nos yeux (certains diraient à écorner les boeufs!), nous accrochons simplement les casques sur les sacoches, nous enfilons gants, bonnets, serrons la capuche par dessus, nous voilà prêts à en découdre avec une journée presque habituelle. De toute façon, aucun abri à l’horizon, pas d’autre choix que d’avancer pour espérer se ravitailler d’ici ce soir.

2 km et déja 15 minutes que je crie sur Alexine: « Le vent vient de la droite, alors tu vas te pencher à droite, bordel! »

Nous continuons en silence dans le vacarme qui nous ébranle… Poste frontière factice Chilien, sans un mot les Carabineros nous laissent nous débattre avec Théolou en direction du No man’s Land qu’est en ce moment le Paso Sico, fermé depuis 2 jours. Ils m’ont sans doute pris pour Superman pour omettre ce détail…

Enfin une montée, je jubile, au lieu de changer les vitesses, j’attends les rafales, ça c’est le pied. Pause photo, que nous ne ferons d’ailleurs pas, Alexine ne parvient pas à tenir le vélo toute seule…

La descente, sur piste poussiérieuse, 90 km/h, même pas peur, une rafale de plus me souffle dans l’oreille, je saute sur les freins, 70km/h c’est plus raisonnable, de toute façon en dessous, nous ne tenons pas l’équilibre. Théolou s’essoufle, je déballe toute ma technique, mais la nature est toujours la plus forte…

Théolou se vrille sous le poids de ce foutu vent, 150m d’embardée, je résiste comme je peux, mais malheureusement je ne suis pas Superman… Nous nous faisons littéralement projeter en contrebas de la route. Je me relève difficilement à plus de 20m du vélo et hurle: « T’es où, t’es où??? » Pas de réponse, j’aperçois Alexine coincée entre remorque et vélo.

Tout est arraché sur le vélo, cette affreuse tempête giffle encore nos visages en sang dans ce décor de rêve ravagé par notre cauchemar. J’installe un « camp de survie » avec matelas, couverture, bâche… S’ensuit une interminable attente durant laquelle je vois nos affaires balayées et s’envoler avec le vent… Nous sommes pris en charge 300km plus loin, 3 000m plus bas à Salta, lieu de l’hôpital le plus proche.

Verdict: Une nuit aux urgences, seulement une clavicule cassée pour Alexine (Nico B. pas de commentaire!!) et pour moi quelques ligaments étirés et un genou bien enflé, tant que c’est pas les chevilles…!

Pas de panique, aujourd’hui tout va bien, nous serons prêts à repartir d’ici 15 jours avec 2 nouveaux casques flambant neufs!

On ne remerciera jamais assez Laetitia et David, pour leur aide, leur soutien et leur présence… (Leur blog: https://letandemetlesandes.wordpress.com/).

Bastien

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Rééducation active

 

P.S: On vous épargne les photos, ce n’est pas le plus intéressant

La Bolivie à vélo: Un mois à couper le souffle dans le Sud Lipez

LA PAZ-SAN PEDRO DE ATACAMA: 20/09/15 au 14/10/15

Après la séance photo du dimanche matin, nous finissons par nous élancer à 6 sur l’autopista, complètement différente de ce qu’on avait pu voir il y a 1 semaine, aujourd’hui nous n’évitons plus les collectivos, mais les poussettes, les vélos et skateboard qui dévalent tous à contresens!

Rencontre a La Paz

Dernier repas a 6

2 tandems sur la route

Luz et Sylvain se dirigent vers le Nord, pendant que nous nous mettons en route, vent dans le nez et relais appuyés, les 2 tandems avalent les kilomètres. Nous avons voyagé 15 jours à 4 (ou 6!) avec Laëtitia, David et Tortuga. Nous apprenons à voyager à plusieurs, notre rythme est chamboulé, quoique, nous avons quasiment le même. Chacun organise sa journée comme il le sent, mais au final, nous nous retrouvons toujours au bon moment pour partager les repas et le bivouac! Ces 2 semaines nous font faire des zigzags entre Bolivie et Chili (volcans, autruches, flamands roses, vigognes, sources d’eau chaude, toujours une bonne excuse pour faire une pause!) qui nous permettent au passage de récupérer 30 jours pour la suite Bolivienne.

Enfin la douche chaude

Enfin la douche chaude

Fête du Printemps

Dans le parc du Sajama, nous nous faisons héberger dans une école pour y fêter le Printemps (et oui nous sommes bien dans l’hémisphère Sud !) avec les profs, à base de d’alcool à 96°C (potable s´il vous plait !) et de musique! A chaque verre, nous rendons hommage à Pachamama, mère nature, en jetant la moitié du verre par terre et en criant « Ayaya »!

Laetitia et Alexine

Laetitia et Alexine

David et Bastien

David et Bastien

Théolou mange salé!

Nous remettons nos crampons sur le sel du salar de Coipasa et bien sûr celui d’Uyuni sur lequel nous irons jusqu’à planter les sardines grâce à une pierre récupérée la veille sur la terre ferme! En gros, un salar, c’est un désert de sel, blanc, effet miroir en saison des pluies, un vent sec et glacial qui nous assèche la peau, mais surtout, aucune paire de lunettes n’y résistent, vous aussi vous en auriez les larmes aux yeux… Un de nos rêves s’est réalisé…

Va falloir sortir la boussole!

Va falloir sortir la boussole!

Nous prenons le temps d’un repos et d’un ravito à San Juan, nous en profitons pour cuisiner pour les premiers jours dans le désert, mais déja plus d’aliments frais ici, les fruits et légumes sont en conserve… 15 kg de nourriture dont 10kg de purée en flocons, nous voilà partis pour le Sud Lipez!

Sud Lipez: des paysages à couper le souffle

Nous sommes très rapidement dans l’ambiance, ravitaillement en eau dans un vieux wagon militaire perdu ici depuis… Celle-là on ne la boira que bouillie, finalement elle sera bien meilleure que l’eau salée que l’on boira pendant 2 jours !! Ça tombe bien, nous oscillons entre 4200m et 4900m d’altitude (on pédale au-dessus du Mont-Blanc!), nous aurons bien besoin d’eau chaude! Les premiers kilomètres nous font peur, 3km à pousser dans le sable, qui seront heureusement les seuls…

Enfin de l'eau!

Enfin de l’eau!

Volcans à plus de 6000m taillés à la serpe, lagunas de toutes les couleurs (rouge à bleu turquoise), déserts  de sables, passage technique dans les cailloux… des paysages à couper le souffle mais pas à stopper le vent! Celui-ci nous glace et nous vaut des températures équivalentes à -20°C, en plein jour. Il suffit que le soleil n’apparaisse pas et que la neige commence à tomber, pour forcer le contact et nous faire héberger gratuitement dans un superbe hôtel, au bord d’une laguna remplie de flamands roses… Nous finissons les restes du ptit déj’ des touristes en 4X4, et repartons le ventre bien rempli et les poches aussi! Ça change tout de voyager à vélo!

...

7 jours de vent délirant, à nous faire perdre l’équilibre et ensabler Théolou jusqu’aux roues… Heureusement, la nature nous réserve des surprises, quand après 8h de vélo dans le froid, nous plongeons dans une eau à 40°C avec le coucher de soleil en prime!

Enfin a l'abri du vent!

Enfin a l’abri du vent!

Premier jour de neige

Premier jour de neige

Notre dernier jour dans le Sud Lipez nous donne l’occasion d’aller grimper sur le volcan Licancabur, dont l’ascension se fait apparemment sans matériel. Seul problème, arrivés à 200 m du sommet, soit 5700m d’altitude, le chemin n’existe plus, nous ne pouvons pas monter plus haut. La vue sur la Laguna Verde efface notre déception, c’est magnifique…

Laguna Verde

Laguna Verde

Le Sud Lipez nous a permis de découvrir des paysages plus exceptionnels les uns que les autres, rendus plus forts quand on les cotoie en vélo.

San Pedro de Atacama

Nous retrouvons nos amis en tandem à la frontière Chilienne, Théolou et Tortuga s’en donneront à coeur joie dans la descente qui les mènera 2000m plus bas et 15°C de plus jusqu’à San Pedro de Atacama, oasis au milieu du désert… Nous courrons acheter des légumes, en oubliant presque de faire tamponner nos passeports, là où nous repasserons dans quelques jours pour la sortie direction l’Argentine par le Paso Sico.

La Bolivie à vélo: Le tandem prend l’eau!

PUNO-LA PAZ: 02/09/15 au 19/09/15

Modification du précédent article: le lac Titicaca, c’est quand même chouette!!!

Bienvenidos en Bolivia
2 jours de pédalage pour atteindre la frontière bolivienne depuis Puno, nous changeons d’avis après un bivouac exceptionnel au bord du lac, où nous apercevons enfin la Cordillera Real, le réveil glacé intensifie la beauté des paysages. Entre piscicultures et ceviche (poisson cru), nous entrons sur le sol bolivien par Kasani (seulement 30 jours, va falloir appuyer sur les pédales!), situé à 8km de Copacabana, sortez vos cartes, et non nous ne sommes pas au Brésil, mais bien en Bolivie, et ce village mérite tout autant d’être connu! Nous y recroiserons d’ailleurs le couple de Canadiens en Camper recontrés au Pérou, le monde est petit!

La plage de Copacabana et ses pédalos à tête de Donald nous donnent envie d’explorer les îles. Nous partons donc pour 3 jours direction la Isla del Sol, en kayak, pour muscler les pectoraux qui n’ont pas travaillé depuis quelques mois!

Brésil ou Bolivie?

Brésil ou Bolivie?

Jour 1: l’île du Soleil porte mal son nom, orage et pluie à partir de 14h
Jour 2: l’île du Soleil porte bien son nom, coups de soleil avant 14h
Jour 3: 3 jours nous suffisent pour comprendre qu’on préfère pédaler que ramer

Bref, 3 jours merveilleux sur l’eau où nous ne croisons personne, pourtant cette fois-ci nous avons fait la visite dans le bon sens! Est-ce nous où le moyen de transport choisi, mais les flashs fusent des bateaux!

La Paz, capitale la plus haute du monde (entre 3500m et 4100m)
Après avoir quitté le lac Titicaca, nous avons, pour une fois, hâte d’arriver en ville, capitale qui n’est pas si folle que ce que l’on raconte, nous commencons sûrement à nous habituer à tout ce brouhaha depuis 5 mois. Seuls les vieux bus et les drapeaux colorés des Indigènes nous rappellent que nous ne sommes pas à Paris. Les 600 mètres de dénivelé entre le centre de la Paz et les hauteurs (El Alto) font de la ville qu’il y a une différence de 10°C entre le haut et le bas, on pourrait se croire en station grâce au téléphérique qui relie ces 2 parties.

La Paz vue de El Alto

La Paz vue de El Alto

Le jour de notre arrivé à La Paz, nous croisons tous les cyclistes sortant de la fameuse Casa de Ciclistas, et nous récupérons même les clés oubliées par 3 Argentins dans un fond de sacoche! Après 15km d’euphorie sur une descente entre les milliers de collectivos, de bus et de taxis, nous arrivons en plein centre, à la Casa. Nous sommes accueillis dans cette espèce d’auberge espagnole, super ambiance entre voyageurs à vélo du monde entier. Nous nous exerçons à parler anglais, espagnol et allemand en une seule phrase!

Encore du bateau, mais cette fois-ci avec chauffeur!
La Paz nous donne l’occasion de laisser les montagnes derrière nous pour quelques jours, nous souhaitons revoir l’Amazonie avant de la quitter définitivement. Nous laissons Théolou en bonne compagnie entre tandem semi-couché et vélos de toute sorte mais chargés d’histoire, pendant que nous prenons le bus direction Guanay où nous espérons trouver un bateau pour nous enfoncer un peu plus dans ces forêts qui nous intriguent tant.

Le soleil se couche et la nature s'éveille

Le soleil se couche et la nature s’éveille

Après une nuit hébergés dans un dortoir communautaire, hébergement pour les personnes des communautés alentours, venues vendre leurs productions (fruits ou poissons) dans le village, nous trouvons après plusieurs négociations, un bateau qui nous emmènera à Rurrenabaque. 3 jours pendant lesquels nous découvrons les forêts de nuit, les perroquets au coucher du soleil, les tortues, l’odeur des cochons sauvages, les arbres qui marchent (ils font la course avec les tortugas!) et les nuits à la belle étoile (pour une fois on a pas froid!!), tout près des traces du jaguar passé il y a 3 jours…
Rurrenabaque, la chaleur nous étouffe et les bus n’arrivent pas à venir jusque là, en cause la route est bloquée, nous courrons retrouver Aquiles pour remonter le Rio en 14h non-stop.

La beauté de la Selva

La beauté de la Selva

Retour à la maison!
Retour à La Paz après une nuit mouvementée, nous avons le mal de mer en bus! Nous réveillons (avec joie!) notre famille de cyclistes, nous prévoyons un bon repas pour fêter notre départ groupé dimanche matin, seule journée où les vélos peuvent se faufiler entre les voitures… En guise d’apéro: point carte sur les salars et le Sud Lipez qui nous fait tant rêver mais que nous appréhendons tous…

Santé

VACCINS
– Rage: 3 injections
– Fièvre jaune
– Tyavax: fièvre Typhoïde et Hépatite A
– Rappel DTP à jour

Nous avons choisi de ne pas prendre de traitement pour le Paludisme, car toutes les zones ne sont pas risquées et nous avons fait assez de vaccins en 2 mois avant le départ!

 

ASSURANCE VOYAGE
Durant les 3 premiers mois, nous n’avons pas pris d’assurance car nous étions couverts avec la Carte Gold avec laquelle nous avons payé les billets d’avion.
Ensuite nous avons choisi CHAPKA DIRECT ASSURANCE, la formule CAP AVENTURE, qui a l’air très correcte niveau rapport qualité/prix.

81€/mois pour la formule couple (112€/mois pour USA et Canada)

Le Pérou à vélo: Les Incas n’ont pas fait que le MACCHU PICHU!!

HUANCAYO-PUNO 06/08/15 au 01/09/15

Quand Gringo rime avec Dinero

Pierre sculptée de Saywite (carte Inca!)

Pierre sculptée de Saywite (carte Inca!)

Départ de Huancayo, où les locaux nous prennent pour des machines à sous… Des enfants courent vers nous en nous criant « Platita, Platita » et en tendant la main. Nous leur demandons ce qu’ils ont à nous vendre, au moins ça coupe court à leur requête! Pire que les enfants, un homme nous demande 10 soles pour dormir sur un coin plat en prétendant que c’est son terrain, juste pour taxer quelques soles aux touristes…, de toute façon le champs d’après était mieux! Rassurez-vous, c’est loin d’être une généralité dans le pays.

CHOQUEQUIRAO: PREMIERE

Après avoir visité la jolie ville d’Ayacucho, nous continuons notre route pour nous arrêter au village de Cachora, d’où nous comptons nous rendre sur le site Inca de Choquequirao. Nous n’en avons pas vraiment entendu parler mais c’est indiqué sur notre carte, et après s’être renseigné auprès d’un office de tourisme (où nous avons pour une fois obtenu de très bonnes informations!), nous décidons d’aller découvrir le 2ème site Inca après le Macchu Pichu.

Cachora

Cachora

Sur la route de Cusco, à 100km avant la capitale Inca, nous prenons donc le chemin de Cachora, petit village d’environ 200 habitants, d’où part la randonnée pour se rendre à Choquequirao. Nous essayons de trouver des infos dans le village pour préparer notre trek, celles-ci sont glanées à droite à gauche dans les tiendas et dans la rue. Nous découvrons qu’il y a des campings, choses rarissime au Pérou!) Nous entrons chez Celestino et Ceferina, qui nous guident et nous indiquent que nous pouvons faire les 10 premiers kilomètres à vélo, jusqu’au au Mirador, sur un chemin accessible en voiture. Nous décidons donc d’aller y passer la nuit et de partir randonner le lendemain matin.

Mais ça ne se passera pas vraiment comme prévu, Alexine passe ENCORE la nuit aux toilettes, (ou plutôt dans le champs), avec en prime une forte fièvre… Impossible d’aller marcher le lendemain, Bastien est obligé de rentrer seul au village avec Théolou pendant qu’ Alexine se fait ramener en voiture. Elle se réfugie chez Celestino et Ceferina, qui s’occupent d’elle comme de vrais parents et la soignent à base de Maté. Des personnes formidables… Pendant ces 2 jours, Bastien en profite pour se ballader et boire de la Chicha (alcool de Maïs fermenté) sur tous les chantiers du village!

CHOQUEQUIRAO: DEUXIEME

Nous allons en décevoir plus d’un mais: NOUS NE SOMMES PAS ALLES AU MACCHU PICHU!! On vous explique pourquoi…

Bon alors, qu’est-ce que CHOQUEQUIRAO et comment qu’on fait pour aller visiter ce fameux site?!

Désolés, tout ne rentre pas sur une photo!

Désolés, tout ne rentre pas sur une photo!

Les ruines Incas qui signifient en Quechua « Berceau de l’or » sont situées à 3100 mètres d’altitude et s’étagent à flanc de montagne, en surplomb du fleuve Apurimac. Tout autour se dessinent des sommets enneigés, dont les plus hauts culminent à plus de 6 500m, dont le Salkantay. Certains pensent que ce serait le refuge des derniers Incas.
Le site est accessible uniquement à pied, à minimum 3 jours de marche depuis le village de Cachora. Il y a 50 km de marche et environ 3800 mètres de D+, en comptant la visite. Une grande descente de 1500m et la même montée en face, le retour se fait par le même chemin.

Les ruines sont étendues sur au moins 30 hectares et 800 mètres de dénivelé et s’étalent sur 5 sites visibles à ce jour, en effet, seul 30% du site est défriché (selon les archéologues, les ruines entières seraient plus grandes que le Macchu Pichu). Les marches en contrebas pour les cultures, la cité administrative, la place centrale, au dessus le lieu de culte à l’eau. Sur l’autre versant de montagne, exposé plein sud, les marches avec les lamas afin de vénérer cet animal sacré. La grandeur du site est impressionnante, et ses pierres magnifiquement taillées.

Etonnant...

Etonnant…

Bref, un site remarquable et peu connu, pour sortir des sentiers battus et faire une rando sympa. Enorme atout et c’est pour ça qu’on a choisi CHOQUEQUIRAO et pas le MACCHU PICHU, la moyenne des visiteurs par jour est de 5 personnes, contre 2500… Nous étions une quizaine environ à profiter des ruines, et si vous êtes un peu insociables comme nous, faîtes la visite en commençant par le bas, vous ne croiserez personne! En plus, tout ce qu’il y autour est resté très authentique, tout le contraire de l’une des 7 merveilles du monde… Et le prix est aussi une très bonne raison de s’y rendre, seulement 37 soles l’entrée, soit une 10aine d’Euros… Le bon plan pour ceux qui fuient la foule. Encore une excellente raison, Cachora est un village vraiment charmant, avec des personnes très aimables.

P.S: SURTOUT, n’allez pas à l’hôtel/camping CASONA OCAMPO, le gérant est totalement fou, nous nous sommes fait hurler dessus pendant 1 heure car nous avons osé mangé sur une table…

Cusco, capitale Inca

Après cette halte très sympathique, nous nous dirigeons maintenant vers Cusco. Nous prenons le temps de nous arrêter à Saywite (prononcer Saillewité), un énième site où l’on trouve une pierre gravée de tous les sites Incas de la région, impressionnant!
En cherchant notre bivouac le soir même, nous voyons débarquer 4 gars en vélo, 3 Italiens et 1 Argentin, seuls 2 sont partis ensemble en voyage, et ils se sont trouvés pour un ptit bout de route. Cuisine au feu de bois, on adore mais pas la gamelle!

Cyclo-voyageurs

Cyclo-voyageurs

Nous arrivons enfin dans cette grande et jolie ville, où nous arpentons les petites rues pavées pour trouver un hôtel. Nous irons à « Let’s go Bananas », ça annonce tout de suite la couleur, un endroit pour dormir plutôt qu’un hôtel, un peu hyppie, lieu de rencontre de tous les jeunes routards Sud-Américains. Bref, pas cher, à 2 pas de la Plaza de Armas, et nous avons pu prendre au moins une douche chaude! Et le top, nous avons trouvé des bouquins en Français, et le guide du routard Pérou-Bolivie, qui est finalement bien utile et très intérressant.

Bon Cusco, c’est joli, mais ça reste une ville, et comme vous le savez nous ne sommes jamais très fans. Personne la-bas n’est de Cusco, à part la bière, la Cusqueña! Il n’y a donc que des touristes partout, et des gens qui nous sautent dessus sur la place centrale pour nous vendre bonnets Péruviens ou lunettes de soleil… Tout y est cher, les restos où l’on peut manger pizzas et hamburgers et les visites des sites alentours. Nous visiterons le musée Inca, pour tenter d’en apprendre un peu plus sur cette civilisation.

Cusco sera aussi l’occasion de faire un peu de tri dans nos affaires, nous trouvons un magasin où échanger quelques vêtements et matos de camping, contre des affaires neuves, comme un chapeau, ou un nouveau drap de soie.

Direction le lac Titicaca

Encore un bel endroit pour poser sa maison

Encore un bel endroit pour poser sa maison

Au bout de 3 jours en ville, nous commençons à taper du pied, et nous remontons en selle pour prendre la route de Puno et du lac. Route d’ailleurs très jolie, bordée de nombreux sites Incas (et oui encore eux!), le village d’Andahuaylillas, Pikillacta, le temple de Viracocha… Nous nous amusons beaucoup avec le nouveau jouet que nous avons offert à Théolou, ou plutôt récupéré par terre: la fleur qui tourne au vent!
S’en suit 300km dans une immense plaine à 3900m d’altitude, complètement désertique, sans arbre, où rien ne pousse, seuls quelques lamas essaient de brouter l’herbe brulée par le froid et le soleil rigoureux de l’hiver. Les nuits sont fraiches (entre -5 et -10°C) et les journées ensoleillées.

PachaMama, toujours aussi époustouflante...

PachaMama, toujours aussi époustouflante…

Après 8 jours de vent glacial (forcément de face!), nous découvrons le lac Titicaca, plus haut lac naviguable du monde, mais pas vraiment petit lac de montagne, un mélange entre Camargue et lac Léman, beau mais rien à envier à Annecy!

Lever du soleil sur le lac

Lever du soleil sur le lac

Dans 2 jours la Bolivie, nous en profitons pour écouler nos derniers soles en fromage et chocolat!

P.S: Déja 5700km dans les jambes, ce n’est pas notre objectif principal, mais nous regardons quand même le compteur tous les jours!

Le Pérou à vélo: Enfin on avance!!

POMABAMBA-HUANCAYO: 18/07/15 au 05/08/15

Retrouvailles

Retour à Pomabamba, mais cette fois-ci à 3… En effet, la vie nous réserve des surprises, en passant le portail de l’hôtel, nous apercevons un vélo jaune qui nous rappelle quelque chose… Mais oui, bien sûr, c’est Gorg, le voyageur allemand croisé en Equateur il y a 1 mois et demi! Nous lui sautons dans les bras, ravis de revoir un visage connu. Nous partageons petit-déjeuner et lavage des vélos dans la cour de l’hôtel. Gorg nous devance alors que nous décidons de rester une journée de plus pour… regarder le TOUR DE FRANCE! Départ prévu le lendemain. Après avoir fait un point carte, la suite nous semble bien plus simple que ce que nous venons de faire.

La vie sur la route

Départ de Pomabamba où nous continuons de longer la magnifique Cordillera Blanca à travers cultures, villages, rios, de vraies vacances! Nous n’avions juste pas imaginé qu’on se retrouverait encore sur 300 km de trocha, ce chemin est encore plus cassant que les kilomètres précédents…

D’ailleurs, nous nous servons de ces rios en guise de douche tous les après-midis, quand le soleil nous réchauffe encore de ses rayons. Ca tombe bien, nous avons le choix, nous en croisons tous les 1/4 d’heure.

Méditation le temps d'une crevaison...

Méditation le temps d’une crevaison…

A San Marcos, nous nous apercevons que l’être humain peut être bon ou mauvais partout dans le monde. Pour jouer avec les Gringos, un taxi péruvien nous pousse à coup de pare-choc pour nous faire tomber, nous évitons de justesse de passer sous ses roues, alors qu’il nous double en riant à pleine goule! La rue d’après, alors que nous avons plus qu’envie de sortir de cette ville, un commerçant nous offre quantité de fruits et légumes, il a vraiment le coeur sur la main. Et pour midi, on nous offrira le repas… Comme quoi, il ne faut pas avoir d’a priori!!

Tunnel

Tunnel

Antamina

Après ces aventures à San Marcos, en avant pour Antamina, 3000 mètres de D+ en 40km, cela nous prendra 2 jours et la deuxième journée sera des plus difficile. 2ème jour, après un départ tardif, (l’altitude commence à faire des siennes), nous nous retrouvons dans une série de lacets, coincés entre 2 immenses mines, l’une de cuivre et l’autre de charbon, nous n’avons pas d’autre choix que d’avancer. Montée pénible à 4600 mètres, il est 17H30, il fait très froid, Alexine est malade… Encore 15km et voila que nous sommes toujours en plein milieu de la mine entre les buldozers hauts comme des immeubles de 2 étages et les bus du personnel qui ramènent tout le monde au chaud.

Antamina: mine de cuivre

Antamina: mine de cuivre

Nous distinguons dans la nuit quelques lumières émanant d’un groupe de préfabriqués, Bastien déballe alors tout son vocabulaire d’Espagnol: « Mi mujer es malo!! ». Nous ameutons tous les gens des bureaux, ils ont l’air d’avoir compris, à moins que ça ne soit juste à voir la tête d’Alexine qu’ils nous ouvrent grand les portes des bureaux, premier endroit chauffé que l’on voit depuis très longtemps. A peine assise, Alexine se retrouve avec soupe de poulet, café et couverture, pendant que Bastien fait le tour des bâtiments pour discuter et comprendre un peu mieux le fonctionnement de cette mine.

Antamina est la plus grande mine de cuivre d’Amérique Latine, elle emploie 5000 personnes qui vivent sur place. Elle s’etend de 4200 à 5000 mètres d’altidude, les employés travaillent 21 jours pour seulement 7 jours de repos, sachant qu’il faut 1 journée pour redescendre sur la première route d’accès.

Réveil après une bonne nuit au chaud, nous repartons avec un stock de nourriture, façon ration militaire, il y en a tellement, ça ne rentre pas dans les sacoches, merci au groupe du service de la gestion de l’eau d’Antamina.

Arrivée à la ville

Enfin une grande descente nous attend pour atteindre Huanuco. Au fur et à mesure des kilomètres, nous enlevons doudounes, polaires et gants… pour finir à 1800 mètres, là où il n’y a pas de saison et où il fait la même température toute l’année, les Incas vous diraient que c’est le meilleur climat du monde…

Le 28 et 29 Juillet, alors que les Péruviens fêtent l’Indépendance du Pérou, nous nous fêtons la fin de la Cordillera Blanca, magnifique mais éprouvante. Nous passons 3 jours chez Midori et sa famille, qui nous accueillent en Warmshowers, l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la vie politique et sociale du Pérou, ainsi que sur la vie des Incas.

La plaine de Junin

Départ de Huanuco en direction du lac de Junin, les sacoches remplies de biscochos (brioches) et de bananes offerts par nos hôtes. Et là, surprise, une belle route groudronnée nous attend, ça sent la capitale pas loin!

Unique voie ferrée marchande du Pérou (LIMA-CERRO DE PASCO)

Unique voie ferrée marchande du Pérou (LIMA-CERRO DE PASCO)

Gelée matinale à 4100 mètres... JUNIN

Gelée matinale à 4100 mètres… JUNIN

Arrivée à 4300 mètres avec vue sur la plaine et le lac de Junin, majestueux. La plaine s’étend sur 80km de long et 40km de large. Nous sommes émerveillés par cet endroit, nous avions révé des montagnes et des hauts sommets, mais nous ne nous attendions pas à découvrir un tel paysage à cette altidude, et pourtant c’est à couper le souffle… Rien n’y pousse et les quelques cheminées sont alimentées par les bouses de vaches séchées. Nous verrons d’ailleurs nos premiers flamands roses, ou plutôt les deuxièmes, après ceux du zoo de La Palmyre! Pas compliqué de trouver un coin plat pour le bivouac, en même temps il y fait tellement froid que nous sommes les seuls à monter la tente. Nous comprenons mieux pourquoi, la tente est recouverte de glace au petit matin, magnifique cette étendue toute blanche…

Enfin des vrais!

Enfin des vrais!

Grande descente plutôt rapide mais pas très intéressante pour arriver à Huancayo, beaucoup de camions et de bus qui nous frôlent. Immersion dans une très grande ville depuis 2 mois, et nous y restons juste le temps de vous donner des nouvelles.

Demain, nous reprenons la route en direction d’Ayacucho, enfin si nous arrivons à la trouver, car ici, impossible pour les habitants de nous indiquer le Nord et le Sud, mais heureusement, le soleil est là!

Le Pérou à vélo: Prise de conscience de l’immensité des Andes

JAEN-POMABAMBA: 24/06/15 au 17/07/15

Cet article est écrit depuis 2 semaines, mais impossible de le publier dans ces montagnes…

Hola gringos*!

Après 3 semaines de poussière, voila enfin la suite de nos aventures… Retour à Jaen pour une 2ème nuit, mais cette fois-ci chez Miguel, propriétaire du magasin « El Ciclista ». Pendant que Bastien répare le frein hydraulique d’un client, Alexine part en scooter (rassurez-vous, c’est Mavel, la soeur de Miguel qui conduit!) acheter Tamales (farine de maïs bouillie dans ses feuilles) et pain pour le repas du soir en famille. Une dernière photo et nous voila repartis parmi les 11 000 moto-taxis de la ville, même pas peur!

Tienda de bici

Tienda de bici « El ciclista »

Entre cyclo-voyageurs

25 Juin, 18h, deuxième crevaison depuis le début du voyage, Bastien colle en vitesse une rustine avant la tombée de la nuit. Entre 2 coups de pompe, il aperçoit au loin un vélo avec sacoches, puis 2… 4 au total! En vadrouille depuis 9 mois, la famille suisso-portugaise voyage avec Sinaï et Yacha, leurs 2 enfants de 9 et 11 ans (http://pedalardevagar.com/fr/) Nous échangeons sur nos diverses expériences du voyage le temps d’une soirée, avant de s’endormir avec une pastèque en guise d’oreiller et le passage des camions à 1 mètre en guise de ventilateur. Après le petit-déjeuner (tamales/cafécito) offert par le propriétaire du stand de pastèques, on se prépare pour la photo-finish. Voila Pablo et Laura qui arrivent au loin avec leurs vélos et qui s’invitent pour prendre la pause. Ils nous accompagneront d’ailleurs toute la matinée…

Pablo, Laura et la famille Fonseca

Pablo, Laura et la famille Fonseca

26 Juin, 18h, pas de crevaison, cette fois-ci c’est Alex, un français qui arrive tout droit de la Patagonie à vélo (https://www.crazyguyonabike.com/doc/atouracrosssouthamerica) Nous refaisons le monde (ou plutôt l’Amérique Latine!) autour dune bière et d’un bon repas. D’ailleurs, on s’attendait bien à croiser Alex dans les prochains jours, car maintenant on commence à entendre parler de tous ceux qui arpentent les mêmes routes que nous, qui nous précèdent ou nous suivent… Et on peut vous dire qu’il y en a un bon nombre (et bizarrement beaucoup de Français…)!

Vallée Pré-Incas: les Chachapoyas

Petite route sinueuse mais magnifique le long de la rivière, surplombée par la 3ème plus grande chute d’eau du monde (Catarata Gocta) mais surtout par de nombreux sites Incas dont Kuélap. Nous comptons d’ailleurs nous y rendre à pied, au départ de Tingo Viejo où nous nous faisons héberger gratuitement dans le jardin de l’hôtel pendant 2 jours (merci Alex pour le bon plan!).

Kuélap, village pré-Incas, fortifié par un mur de plus de 20 mètres de haut, constitué de 400 maisons rondes, le tout à 3000 mètres d’altitude. Un bel avant-goût du Machu Picchu! Nous décidons d’en apprendre un peu plus avec la visite du musée Incas de Leymebamba et ses 200 momies. A la sortie, nous nous faisons doubler par un camping-car Canadien, les feux stop s’allument, nous échangeons le temps d’une soirée…

Kuélap

Kuélap

De belles rencontres

A Cajamarca, nous découvrons des produits laitiers artisanaux: manjar (crème de lait), fromage (rien à voir avec celui de nos montagnes françaises…). Nous décidons de nous économiser pour la suite qui s’annonce difficile, ce qui nous laisse le temps de faire d’autres jolies rencontres…

– Un almuerzo qui se termine par une nuit dans un récréo campestre

– Un « Hola Gringos » qui se poursuit par un repas local

– Une pause à l’ombre qui se continue par un reportage-photo sur plus de 20km

– Un ravitaillement en chocolat qui se finit par une DOUCHE CHAUDE sur la place du village (environ 200 litres d’eau chaude et 20 personnes qui nous regardent, tout ça rien que pour nous!)

Abel et ses frères et soeurs

Abel et ses frères et soeurs

– Une arrivée tardive à Cajabamba qui nous fera passer une soirée mémorable… On vous raconte!!

« Comme d’habitude, nous nous retrouvons sur la place du marché pour re-remplir les sacoches. Alexine entame la discussion avec 2 femmes pendant que Bastien détaille le vélo à un groupe d’enfants. Nous ne voyons pas le temps passer, il fait nuit. Où dormir quand on ne veut pas aller à l’hôtel? En moins de 5 minutes et sans rien y comprendre, nous nous retrouvons avec l’équipe des vigiles du marché. Pour eux, rien de plus simple, il suffit de s’installer à 20 mètres sur la plaque d’égout, au pied du feu en plein cœur du marché! Avec nos goûts de luxe, nous refusons poliment en prétextant que l’on ne peut pas monter la tente sans herbe! Pas de problème, ils comprennent que nous recherchons un « terreno natural! ». 2ème essai, le parterre de fleurs de la Plaza de Armas (place centrale)… pas beaucoup mieux!

A partir de ce moment-là, le chef prend les choses en main! Il appelle toutes les personnes importantes de la ville afin de nous dégoter ce fameux « terreno natural »… Nous lui donnons un indice en lui parlant d’un éventuel stade. Eureka, il appelle maintenant tous les services de transport de Cajabamba pour nous y escorter. Au bout de 15 minutes, la seule escorte qui’il finira par trouver sera sa mère et son frère dans la Toyota Break familiale… Nous traversons la ville à 5km/h, warnings en action, rien de mieux pour se faire discrets. Dernière frayeur à l’entrée du complexe sportif avec piscine, le gardien n’a pas l’air très bavard, un dernier coup de fil de notre chef qui finit par faire ouvrir la porte. Le vigile crache ses feuilles de Coca et nous accueille avec un grand sourire. 22h, photo finish avec tout le monde, bonne nuit! »

Et encore, nous ne pouvons pas tout vous raconter, mais toutes ces rencontres transforment notre voyage en une magnifique aventure…

Le chef des vigiles du marché!

Le chef des vigiles du marché!

Immersion au coeur des plus hauts sommets Péruviens, où comment se perdre dans la Cordillera Blanca

500 km de trocha, 15 000 mètres de dénivelé, 95% de chemin et le tout à moins de 8km/h (ça fait une excuse pour pas écrire sur le blog!), voila comment se résument nos 15 derniers jours…

Théolou dans la trocha

Théolou sur la trocha

A chaque jour une vallée différente, 20km de montée pour 20km de descente et entre 1400 et 2000 mètres de D+. Nous pouvons nous retrouver à midi à 4000 mètres et dormir à 1500 mètres, magique mais éprouvant pour nous et Théolou…

Nous prenons bel et bien conscience de l’ampleur des Andes et de tous ses massifs. La route nous imprègne tous les jours de sa poussière, sa beauté et de la vie qui règne si loin de tout. En effet, les personnes qui peuplent ces montagnes sont regroupées dans de minuscules villages pour vivre en autonomie avec la production locale de chacun. De toute façon, les accès sont tellement difficiles et les villages tellement reculés qu’il n’y a qu’un seul camion qui passe chaque semaine pour ravitailler les tiendas (magasins). La vallée de Conchucos est à plus de 400 km d’une route asphaltée. En Europe, ces distances pourraient se réaliser en 4 heures, ici, il faut 4 jours de montagne… Ces camions sont les seuls véhicules que nous croisons sur ces chemins, il nous est d’ailleurs arrivé de dormir plusieurs fois dans les nombreuses épingles (seul coin plat) et de ne voir aucune voiture nous éclairer de ses phares…

Cordillera Blanca

Cordillera Blanca

Vous pouvez donc facilement vous imaginer qu’ici, les habitants n’ont pas souvent vu de voyageurs, à vélo, et encore moins en tandem, ce qui peut être oppressant de temps en temps quand on nous observe pendant le déjeuner, ou que les enfants nous suivent à travers les étalages d’un magasin.

A l’inverse, nous sommes régulièrement émerveillés par un sourire, des fruits, un fromage ou encore du pain offerts par les locaux. Nous avons aussi eu la chance de tomber par hasard sur des sources naturelles d’eau chaude, un régal pour se détendre en fin de journée.

Ici, impossible de trouver une carte, nous demandons donc notre route à chaque village (car bien souvent ils ne savent pas ce qui se passe à plus de 20 km de chez eux). Notre astuce maintenant est de demander notre chemin dans les petites agences de transport. Avec ces bonnes indications, nous sommes arrivés à Pomabamba, ville au milieu de la Cordillera Blanca, où nous nous reposons 2 jours avant de continuer notre route à travers cette magnifique chaine de montagnes en direction de Huari puis Huanuco.

Pomabamba

Pomabamba

* Le Gringo, balancé à tout va, où que l’on soit, peut être déstabilisant, péjoratif comme amical. Il signifie aussi bien étranger que peau blanche, il peut être énervant après une dure journée de poussière, ou amusant quand il est dit avec un large sourire sans dent! En tous cas, nous avons la chance d’avoir de beaux yeux bleus gringos et cheveux blonds gringas!

P.S: Petite anecdote pour gagner quelques « Nuevo Sol » au Pérou, vous pouvez revendre vos sacs plastiques (distribués à tout va) dans ces minuscules magasins, le bon plan!

Le Pérou à vélo: Pérou on passe la frontière?

PUYO (Equateur)-JAEN (Pérou): 12/06/15 au 24/06/15

Frontière: premier essai

Nous pénétrons peu à peu dans la forêt amazonienne. Au fur et à mesure des kilomètres et des averses qui rythment les journées, les bruits deviennent de plus en plus intenses. A la tombée de la nuit, nous voyons quantité d’insectes que nous ne connaissons pas, les bruits se font plus percutants sous la tente, attention à bien fermer les sacoches! D’ailleurs, les sacoches étaient bien trop remplies de chocolat, Alexine en a tellement mangé qu’elle a fait une crise de foie (enfin ça c’est Bastien qui le dit, mais c’est sûrement un microbe qu’elle a chopé on ne sait où…). Ca lui aura quand même fait faire des siestes sur le carrelage de restaurants, pas très drôle cette semaine!

Nous voulions essayer de passer la frontière par l’Amazonie en bateau (Rio Santiago, environ 300km), et après avoir demandé à tous les habitants à quel endroit c’était possible, nous n’obtenons aucune information précise. Obligés d’aller jusqu’où se finit la route pour laisser place à d’immenses marécages. Nous arrivons donc à Soldado Mongé où il n’y a qu’une malheureuse pirogue prête à partir, direction le Pérou… Le conducteur nous demande une somme hors de prix pour nous faire embarquer, et ce qui nous fait hésiter c’est surtout que nous n’avons aucune chance de faire tamponner nos passeports et aucun moyen de trouver un seul Nuevo Sol (monnaie péruvienne) en environ 500km! Pour notre première frontière, nous ne voulons pas prendre de risques, même si l’homme nous dit que nous ne serons pas controlés…

La fameuse pirogue...

La fameuse pirogue…

C’est à contrecoeur que nous faisons demi-tour pour passer au Pérou par une route plus sûre, nous ne ferons donc pas de bateau en Amazonie, mais en même temps, étant donné le climat très humide (pluie toutes les heures), et la taille des serpents et des mygales sur la route, ça ne nous dérange pas tant que ça de ne pas entrer plus en forêt…

A défaut d’un moyen de transport maritime, nous en prendrons un terrestre: le bus! Et oui, nous détestons faire demi-tour, et comme nous sommes très décus de ne pas être déja au Pérou, nous décidons de faire quelques kilomètres en bus pour nous rapprocher de la frontière, direction Loja, 350km en 10 heures, c’est plus rapide que le vélo mais ça ne ressemble pas encore aux routes d’Europe!

PELIGRO: DERUMBES

Une nuit et 4 bus plus tard, nous voici à Vilcabamba, ville où nous commencerons à suivre la route des Incas. Nous passerons les 4 prochains jours sur une superbe route, mais sous la pluie et dans la boue. Cette route sur environ 200km ne déssert que quelques villages, ne pas espérer en sortir en moins d’une journée de bus. Il pleut tellement qu’il y a des éboulements partout, tous les véhicules sont arrêtés pendant des heures en attendant que la route soit praticable, c’est impressionnant! Imaginez l’état du vélo dans toute cette boue…

Eboulements

Eboulements

Nous nous arrêtons un soir dans un petit village, à Bellavista, où on nous prête gentiment les clés de la salle des fêtes pour dormir, c’est royal et ça permet de faire sécher nos affaires!

Frontière: deuxième essai

Dimanche 21 Juin, pendant que d’autres fêtent la musique et l’arrivée de l’été, et bien nous nous fêtons notre arrivée au Pérou (sous le soleil et en musique aussi, faut pas pousser!). Après avoir passé la première étape militaire à 10 km de la frontière, nous arrivons à un pont qui sépare les 2 pays, la Balsa. Côté Equateur, nos passeports sont tamponnés pour la sortie, et côté Pérou, après la douane et la police, on nous offre 90 jours, nos bagages ne sont même pas ouverts.

Frontière

Frontière

Après avoir changé nos Dollars en Nuevo Sol ( 1 Nuevo Sol= 0,35€), nous nous offrons un restaurant comme tous les midis, et nous apercevons que malgré le changement de pays, l’almuerzo (déjeuner) est toujours le même soit, soupe, riz-poulet, jus de fruits. Il est cependant 2 fois moins cher. C’est bon mais nous commençons à chercher les légumes!

Côté Pérou, la route est belle, ça monte mais beaucoup moins raide que nos derniers kilomètres en Equateur, il n’y a plus de pluie (pour l’instant) et plus d’éboulements. Ce qui est rassurant, c’est que la langue est la même, nous ne sommes pas dépaysés, mais ici ni bus ni pick-up, tout le monde roule en Tuck-Tuck à 3 roues! Dans les villages et villes, il y a énormément de monde, beaucoup de bruit, les gens roulent n’importe comment mais tout le monde se respecte. Après ces quelques jours pluvieux, nous en profitons pour nous reposer dans un hôtel à Jaen, capitale du café, qui est étalé sur tous les trottoirs et tout le monde en profite pour s’essuyer les pieds dessus… C’est celui-là que vous avez dans vos tasses tous les matins!

Nous avons prévu de repartir par la route de Chachapoyas, qui a l’air superbe mais avec toujours du dénivelé, où nous voulons visiter Kuelap, forteresse Inca, apparemment 2ème lieu le plus visité après le Machu-Pichu…

Coucher de soleil

Coucher de soleil

P.S: Désolés pour le manque de carte pour nous suivre, nous ne savons pas bien faire, si quelqu’un peut nous aider, Fabien CONTI ou Jean-Michel CHENEREAU, peut-être…

Merci à tous pour vos messages, commentaires, ça nous fait vraiment très plaisir d’avoir de vos nouvelles aussi!

L’Equateur à vélo: Direction l’Amazonie

Esméraldas-Puyo: 30/05/2015 au 11/06/2015

Journées transport en commun ou plutôt hors du commun

Départ d’Esméraldas sous une chaleur étouffante, arrêt à la première station-service, gonflage des pneus en vue de la super route asphaltée (comme ils disent ici) qui nous attend. 30 minutes après, deuxième station-service, on prend une douche, il fait tellement humide que même avec 30° on ne sèche pas! 15 minutes après, troisième station-service, nous chargeons Théolou dans un pick-up pour 150 km à travers la forêt tropicale jusqu’à Santo Domingo. On en apprend un peu plus sur les arbres et fruits qui peuplent le bord de la route, et goûtons aux spécialités locales des villages traversés: cacahuètes fromage, le tout dans une banane cuite à la braise (une seule suffit largement pour ne pas être malade!).

Nous repartons le lendemain en vue d’une route bien plus tranquille, qui n’existe sur aucune carte, pas même sur Google Maps, mais tout le monde a l’air de la connaître et nous annonce 80km en 4 jours car c’est de la piste très raide! Les locaux sont tellement impressionnés de nous voir ici en vélo qu’ils nous dégotent un pick-up avec encore de la place, nous ne sommes pas plus de 15 personnes et Théolou s’invite au milieu de tout le monde qui prend soin de lui, ou plutôt s’aggripe à lui! Ce petit tour de 4X4 nous fera avancer d’une quizaine de kilomètres pour quasiment 1000 mètres de dénivelé. Juste le temps d’avaler un avocat et de voler une canne à sucre, que nous apercevons un bus, mais comment fait-il pour avancer sur ce chemin? Nous n’allons pas tarder à le savoir, même pas besoin de demander, nous nous retrouvons assis dans une véritable machine à laver, c’est impressionnant de voir un bus rouler ici, on oserait même pas y mettre un tracteur! Les ponts ne permettent de mettre que 3 roues du bus, les virages se font en deux temps, et la pluie tropicale rend la route quasi impraticable. Pas de panique, la musique équatorienne donne le rythme! Arrêt à Las Pampas après 2h de bus, nous voulons descendre Théolou de la soute mais le chauffeur refuse. Il repart à 3h du mat’ pour Sigchos, ça tombe bien, c’est notre destination, nous serons au départ!

Bus de 3h du mat'

Sigchos, situé au pied des volcans à 3000 mètres d’altidude, nous retrouvons bien les paysages andins, poncho, quinoa, lamas, on s’y sent bien! Finalement, notre retour dans les montagnes aura été plus rapide que prévu.

Laguna Quilotoa

Enfin fini les transports, place au vélo et nous sommes bien contents! Nous voyons sur notre fameuse carte un lac où nous prévoyons de bivouaquer. Nous espérons qu’il existe bien et, surprise, c’est en réalité un lieu des plus touristiques, 2$ l’entrée, nous espérons que ça vaut le coup! Quilotoa est un village indigène, qui a gardé ses traditions, nous pouvons acheter quantité de châles en alpaga, masques, et en cherchant un peu on y trouverait même des tours eiffels en plastique!! Quilotoa est surtout un volcan avec un lac en son cratère, magnifique, photos à l’appui… Nous ferons le tour du volcan par les cimes à pied, 14 km en 4h, dur dur avec l’altitude, toujours à 4000 mètres.

Laguna Quilotoa

Nous reprenons la route, nous commençons à nous acclimater à l’altitude. Nous découvrons entre les nuages de superbes alpages et paysages qu’on ne connaissait pas jusqu’à présent. Les gens vivent ici à l’année, entre abri en bâche pour surveiller les moutons et maisons construites dans le sens du vent avec une seule ouverture, sans porte, sans cheminée car ici il n’y a pas de bois. Leur seul moyen de vendre leurs productions est d’attendre, dans le froid le long de la route, un éventuel camion surgir du brouillard… Quant à nous, nous avons l’avantage de pouvoir redescendre rapidement dans des altitudes plus clémentes. Nous nous faisons offrir café et coin de jardin plat pour poser la tente, pour nous réchauffer après cette belle descente. Direction Ambato par la Panaméricana.

La casa de ciclistas d’Ambato

Ambato est situé à 100 km au sud de Quito, nous prenons enfin la direction du sud après une belle boucle en Equateur. Arrivée chez Léo, nous nous installons, il finira pas débarquer au bout de 2 heures. Nous passons la soirée avec Gorg, voyageur allemand fraichement arrivé à Quito (et oui, nous nous prenons déja pour de vieux baroudeurs!). Il nous donne des infos sur la route des Incas qu’il compte suivre pendant 6 mois jusqu’au Chili.

Pendant ces 4 jours passés à Ambato, Léo nous fera découvrir l’école de sa fille Edeline, pour la journée nationale sur la préservation de l’environnement. C’est toujours sympa de découvrir l’éducation dans les autres pays et les stands tenus par les enfants de 3 à 12 ans. Nous discutons avec les élèves qui essaient de dire quelques mots en anglais. Nous dégusterons aussi les plats typiques de la ville, entre Colada Morada au petit déjeuner, jus de fruits rouges chaud, comparable à de la confiture, même sans chocolat, Alexine en redemande! Llapingachos au marché à midi, plat composé de gallette de pommes de terre, oeufs au plat, avocat, tomates, oignons et bien sûr cilantro pour l’assaisonnement (accompagné de milk-shake). Et pour finir la journée, on trinque au rosé artisanal (premier verre de vin depuis qu’on a quitté nos compagnons du début du voyage!).

Llapingachos

Entre 2 repas, Bastien donne un cours à Léo sur le positionnement du cycliste, il pourra mettre ça en application avec ses clients dans son magasin de vélo. En remerciement, Léo inscrit Bastien à la course de cross-country du dimanche matin à Patate (ça porte bien son nom!), malheureusement en ce moment le temps est plus qu’incertain et la course est annulée pour cause de grosse pluie.

A la place, nous irons randonner autour du Chimborazo, volcan à 6310 mètres, rassurez-vous, nous nous arrêterons à 4400 mètres à cause du mauvais temps. Après une nuit dans un décor de rêve, nous nous réveillons dans un brouillard épais, compliqué de sortir de cette grande plaine sans carte (même les guides à l’entrée du parc n’ont pas de carte, nous devrons nous souvenir de leur explications en espagnol). La boussole et le sens de l’orientation de Bastien nous feront retrouver le chemin de la descente. Après 7h et 35km avec la pluie, le froid et la boue, un bus surgit de nouveau de nulle part, nous grimpons vite nous y mettre au chaud! Nous n’aurons pour souvenir du Chimborazo qu’un bref aperçu d’une partie du glacier, nous ne verrons le sommet que sur des photos!

On dirait qu'ça t'gêne de marcher dans la boue!

Nous disons au revoir à Léo après 4 jours passés chez lui, il nous dit que s’il a un jour un fils, il l’appellera Bastien, ce sera sûrement le seul Equatorien qui aura ce prénom!

Echange de casque

Nos débuts en Amazonie

Nous retrouvons notre vélo avec joie pour une grande descente en direction de Puyo et de l’Amazonie. La vallée des cascades vaut le détour, environ 30 km de canyon dans lequel se déversent d’innombrables cascades. D’un coup la vallée s’ouvre sur toute l’Amazonie, à couper le souffle… Cette forêt à perte de vue impose le respect. Premier bivouac à l’entrée de l’Amazonie où l’on s’endort bercés par de nombreux bruits que l’on ne connait pas encore… Afin de savoir un peu mieux à quoi s’attendre pour ces prochains jours, nous visitons le zoo de Puyo. Belle visite, et pour ceux qui veulent y rester plus longtemps, possibilité de woofing (zoo de Yana Cocha).

Aujourd’hui, nous continuons la route 45 qui rallie Puyo à Loja par l’Amazonie, nous espérons bien y faire une immersion sans le vélo…

Premier sentier d'Amazonie